Un travail qui porte fruit: Carrières en patrimoine bâti
Dans un atelier de Toronto, Jean-François Furieri
est penché au-dessus d’une table à dessin, un
crayon à la main. D’un geste assuré, il esquisse
des couronnes, des rosettes et des guirlandes.
Lorsqu’il juge le dessin satisfaisant, il se rend à
l’ordinateur pour obtenir l’image plus précise qu’il
recherche pour la restauration des plâtres décoratifs
devant orner le balcon d’un théâtre historique.
Dans un autre coin de l’atelier, des apprentis
versent du plâtre liquide dans des moules faits
sur mesure pour réaliser une frise détaillée faisant
partie du même projet de restauration.
À Québec, Tania Martin rencontre de futurs étudiants
pour leur parler d’un cours qu’elle donnera
l’été prochain. Tania est spécialisée dans le patrimoine
religieux et le cours en question traitera
des défis que présente la préservation des églises
d’une collectivité – la préservation des structures,
mais aussi la préservation des souvenirs qu’elles
évoquent et qui donnent toute leur valeur à ces
lieux sacrés.
À Victoria, le planificateur principal en conservation
du patrimoine Steve Barber est prêt à livrer
bataille si nécessaire. La construction est en plein
boom et la valeur des propriétés atteint des sommets,
et Barber est bien conscient de ce que cela
implique pour les édifices historiques.
Les projecteurs sont habituellement tournés vers
les édifices quand il s’agit de conservation du
patrimoine. Rarement sont-ils dirigés vers les gens
qui se consacrent corps et âme à la restauration
et à la réhabilitation de ces précieux lieux historiques
que sont l’immeuble Lougheed à Calgary, le
Théâtre Pantages à Toronto ou la Bibliothèque du
Parlement à Ottawa.
Ces gens composent un groupe hétéroclite :
urbanistes, ingénieurs, promoteurs, architectes,
techniciens, designers, artisans et gens de métier.
En revanche ils partagent le même amour pour
l’histoire et l’architecture. Il s’avère qu’ils ont
également en commun une propension pour l’innovation,
l’adaptation et l’utilisation de nouvelles
technologies pour préserver ce qui est historique.
Peu importe le travail qu’ils font, ces
professionnels, ces gens de métier et
ces bénévoles s’accordent à dire que le
plus bel aspect du travail est la satisfaction
de savoir que leur travail porte
fruit.
L’homme aux talents multiples
du patrimoine
La journée typique de travail n’existe pas pour
Donald Luxton. Un jour il offre des conseils sur
les couleurs des peintures d’époque dans le
quartier Point Grey de Vancouver. Grimpé à une
échelle adossée à une maison de style « Arts and
Crafts », on le voit en train de prélever un éclat de
peinture sur une lucarne. De retour à son bureau,
il examinera la peinture au microscope.
Le lendemain, il fait de la recherche dans un
cimetière de l’île de Vancouver. Muni d’un carnet
et d’un crayon, il examine les pierres tombales,
les sculptures couverts de mousse et le dessin
que forment les sentiers, les massifs de fleurs et
d’arbustes, tout en prenant des notes.
Il peut tout aussi bien être en train de donner un
cours sur les principes relatifs au patrimoine à
l’Institut de technologie de la Colombie-Britannique
ou en train de présenter un diaporama sur le
pont Lions Gate, le design art déco ou les premiers
architectes de la Colombie-Britannique. De
fait, il a écrit des livres sur ces trois sujets.
La passion de Donald pour l’histoire et l’architecture
s’est traduite par une pratique fort occupée
en tant qu’architecte et consultant en conservation
du patrimoine. L’intérêt qu’il porte aux édifices
remonte à son adolescence. Mais ce n’est qu’en
1974, au moment où l’immeuble Birks – un édifice
de onze étages, construit en 1913 et véritable
monument – est démoli pour faire place à une
nouvelle tour bancaire, que l’histoire de l’architecture
attire son attention. Ce fut un moment décisif
et désormais il s’emploiera à empêcher que de
telles destructions aient lieu sans raison.
Après ses études en architecture à l’Université de
Colombie-Britannique, Donald s’engage dans un
domaine inexploité : la conservation du patrimoine.
Il trouvera là un terrain fertile pour agir à
titre de conseiller, enseignant et auteur.
Parmi les succès qu’il a remportés dans sa
carrière, on compte le projet d’habitations communautaires
de Mole Hill. En effet, après sept
années de dur labeur, les 27 maisons patrimoniales
de Mole Hill, autrefois mal tenues que la ville
de Vancouver destinait à la démolition, se retrouvent
préservées, repeintes aux couleurs d’origine
et converties en logement social. Des services
communautaires, un centre pour les personnes
atteintes du VIH/sida, des jardins collectifs et un
projet de recyclage font partie des atouts du projet
de Mole Hill. Le projet est un modèle de réaménagement
intelligent et de logements sociaux
réussis.
Mais pour quelle raison Donald prélève-t-il de la
peinture sur des douzaines de maisons de style
« Arts and Crafts », édouardien, victorien ou
autres? Pour un projet de la Vancouver Heritage
Foundation et des peintures Benjamin Moore
visant à créer la palette des 35 couleurs originales
de Vancouver. Chaque année, des propriétaires de
maisons patrimoniales sélectionnées bénéficient
d’une consultation sur la valeur patrimoniale de
leur maison, d’une analyse de la peinture de leur
demeure et reçoivent de la peinture.
Les peintures Benjamin Moore sont la société
commanditaire et, aujourd’hui, les rouges, les
sable et les gris nommés Hastings Red, Mount
Pleasant Tan et Point Grey sont en demande
même par les propriétaires qui ne font pas partie
du programme.
Un promoteur immobilier pour
qui le patrimoine s’avère un
bon placement
Pour Neil Richardson de Calgary, les premiers
pas dans l’aménagement d’immeubles à vocation
patrimoniale ont été accidentels.
C’est en cherchant des locaux à bureaux au
centre-ville de Calgary, alors qu’il est avocat
spécialisé en droit commercial, qu’il tombe sur
un immeuble à prix abordable. C’est ainsi qu’en
1994, il achète à bon prix l’édifice de la banque
Toronto Dominion construit en 1911 et qu’avec
son père – ingénieur en structures – devenu son
associé, la Heritage Property Corporation voit le
jour.
Dans le monde de l’immobilier, ce qui compte ce
sont davantage les bénéfices nets et non la pierre
de grès historique ou les façades restaurées. Toutefois,
Neil répète qu’il est très rentable du point
de vue financier – mais aussi du point de vue
social – de préserver un édifice historique. Les
défis portent sur la mise à niveau de l’édifice aux
normes des codes, la préservation de la structure
historique et la découverte d’une vocation appropriée
à l’édifice restauré.
L’un des projets les plus ambitieux de la Heritage
Property Corporation est la préservation du réputé
immeuble Lougheed à l’angle de la 6e Avenue
et de la 1re Rue Sud-Ouest. Le Lougheed a été
bâti en 1913 dans le style de l’école de Chicago.
En 2000, le propriétaire d’alors avait obtenu
un permis pour démolir l’édifice de même que
l’immeuble adjacent, le Théâtre Sherman Grand,
afin d’ériger sur le site une tour d’habitations en
copropriété de 22 étages. Cela semblait un fait
accompli.
Mais c’était sans compter sur la campagne
populaire menée en vue de sauvegarder les deux
immeubles ni sur l’incendie quasi-désastreux de
2004 qui ont achevé de convaincre le propriétaire
de vendre. Les Richardson ont acheté l’édifice
et l’ont fait porter au registre des propriétés
historiques.
L’achat du Lougheed était une chose. Le financement
de la restauration en était une autre. Il s’est
avéré que l’édifice était admissible à une subvention
du gouvernement fédéral d’un million de dollars
relevant du Fonds pour favoriser les propriétés
patrimoniales commerciales, un programme qui
faisait partie de l’Initiative des endroits historiques
de Parcs Canada et qui a été interrompu en
septembre 2006. Cet argent du gouvernement
fédéral a été appuyé par des incitatifs fiscaux de
la ville et des subventions de contrepartie de la
province.
À l’automne 2007, les planchers de marbre de
l’immeuble Lougheed étaient entièrement restaurés
et l’intérieur, remis à neuf. Neil y a installé son
nouveau bureau et un cabinet d’avocat y a aussi
emménagé. Le Théâtre Grand, la vieille salle de
vaudeville qui avait autrefois accueilli les Sarah
Bernhardt, Paul Robeson et les frères Marx, a
rouvert ses portes au théâtre pour le XXIe siècle.
Un maître plâtrier donne libre
cours à son imagination avec
du gypse et de l’eau
Jean-François Furieri est de la troisième génération
de maître plâtrier. Il a appris le métier de son
père et de son grand-père à Cannes, en France.
Aujourd’hui, sa grande dextérité lui vaut d’être en
demande partout en Amérique du Nord.
Sa firme, Iconoplast Designs Inc. de Toronto, restaure
les plâtres décoratifs et architecturaux qui
ornent les colonnes, frises, plafonds et balcons
de quelques-uns des plus beaux édifices patrimoniaux
d’Amérique du Nord.
Les projets réalisés comprennent le One King
West, le Musée royal de l’Ontario et le Théâtre
Pantages à Toronto. À New York, les plâtres d’Iconoplast
ornent le Selwyn Theatre, le Lyric/Apollo
Theatre et la Manhattan Opera House.
Le travail du plâtre est un art ancien, l’un des
plus vieux des métiers de la construction. Les
documents archéologiques font remonter le plâtre
décoratif à plus de 4 000 ans à l’époque des
pyramides égyptiennes. Les plâtriers qualifiés sont
les dinosaures des métiers de la restauration et,
comme eux, ils pourraient bien disparaître, craint
Jean-François.
Mais le maître fait tout pour assurer la pérennité
de cet art ancien.
Il faut de longues années d’étude et de pratique
pour apprendre le métier. Jean-François emploie
six apprentis pour le seconder dans tous les
aspects du travail, de la conception en atelier et
du gâchage pour obtenir un plâtre parfait, jusqu’à
l’assemblage.
Le travail est physiquement exigeant. On passe
des heures tout en haut des échafaudages, les
bras tendus au-dessus de la tête à stabiliser le
plâtre ou à remettre en place les plafonds, frises
et médaillons décoratifs. Le talent artistique est
certes une qualité fondamentale, mais il faut aussi
être fort en math et en chimie et savoir aborder
son travail avec un esprit analytique.
« La beauté de ce métier, c’est qu’à chaque
nouveau projet j’apprends quelque chose »
raconte Jean-François. « Quand je restaure un
plâtre, j’essaie de comprendre ce qui l’a inspiré
et comment il a été réalisé. »
C’est un métier qui est à la portée des femmes.
Père de quatre filles, Jean-François aimerait bien
que l’une d’elles poursuive la tradition familiale.
Garder les lieux sacrés bien
vivants
À Québec, Tania Martin rencontre de futurs étudiants
pour leur parler d’un voyage d’étude sur le
patrimoine bâti et la conservation. Les étudiants
sont inscrits au programme de maîtrise en architecture,
mais Tania espère que le cours attirera
également des étudiants d’autres disciplines.
Historiens et géographes sont invités.
Dans le cadre du cours, on mesurera et on
photographiera deux églises datant du début
du XXe siècle et appartenant à deux paroisses
voisines dans la région de Gaspé, l’une catholique
francophone, l’autre anglicane anglophone.
Les étudiants devront consulter les archives, les
cartes et les documents de la paroisse et faire des
entrevues. Cette dernière activité – les entrevues
pour recueillir les histoires orales – est cruciale,
souligne Tania. En effet, ce sont souvent les souvenirs
et les histoires orales qui transmettent aux
lieux sacrés leur véritable valeur.
Tania est professeure adjointe en architecture à
l’Université Laval à Québec. Elle est également
titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur
le patrimoine religieux bâti et membre de la Commission
des lieux et monuments historiques du
Canada. Encore en début de carrière, ses recherches
portent sur la signification et l’importance
des lieux sacrés au Canada.
Un urbaniste chevronné
champion des incitatifs fiscaux
Steve Barber, un vétéran de la planification en
conservation du patrimoine, voudrait éviter que
d’autres édifices historiques ne soient démolis.
La ville de Victoria en Colombie-Britannique
connaît un boom de la construction. La valeur
des propriétés grimpe, comme le font les tours
et les condos. En tant que planificateur principal
en conservation du patrimoine de la ville, Steve
est conscient que les pressions exercées par le
réaménagement mettent en péril des édifices
historiques.
Les immeubles les plus à risques sont ceux de
l’époque moderniste qui ont été construits entre
1945 et 1975. Steve a commandé un relevé de
ces bâtiments afin que le département d’urbanisme
puisse évaluer leur valeur patrimoniale.
Neuf ou dix des bâtiments les plus remarquables
seront ensuite sélectionnés pour être désignés
biens patrimoniaux.
Victoria a procédé de la même manière pour
désigner plusieurs édifices de style victorien,
édouardien, italianisant et « Arts and Crafts ».
Mais le patrimoine bâti de la ville serait incomplet
sans une bonne représentation de la période
moderniste.
« Le patrimoine ne s’arrêta pas en 1945 »,
rappelle Barber.
Diplômé en études environnementales et en
design, Steve entame sa carrière en conservation
au département de l’urbanisme de la ville de
Winnipeg. Entre autres projets, il doit rédiger les
lignes directrices pour l’aménagement du quartier
historique de la Bourse. Il note les préoccupations
des entrepreneurs qui ne voient pas quel avantage
il y aurait à intégrer des magasins et des services
à un quartier patrimonial d’entrepôts et d’édifices
commerciaux.
Au terme du projet, même les plus sceptiques ont
bien vu qu’une restauration intelligente pouvait
donner un coup de fouet au secteur du commerce
de détail, accroître le tourisme, rehausser la valeur
des propriétés et permettre à la ville de percevoir
plus de taxes.
Steve travaille au service de l’urbanisme et du
développement de Victoria depuis vingt ans.
Lorsqu’il arrive de Winnipeg, il trouve à Victoria
une ville déjà dotée d’un système de subventions
pour les propriétaires de biens patrimoniaux.
Il aide alors la ville à développer un programme
d’incitatifs fiscaux pour la conversion d’édifices
commerciaux en bâtiments résidentiels. Le programme
d’incitatifs fiscaux est entré en vigueur
en 1990 et les résultats ont été spectaculaires :
16 édifices du centre-ville ont été réhabilités,
305 nouveaux logements ont été créés et les
retombées économiques ont atteint 63 millions
de dollars.
En 2001, Victoria s’est vu accorder le Prix du
prince de Galles pour leadership municipal en
matière de patrimoine par la fondation Héritage
Canada.
Néanmoins, malgré tous les succès qu’ont
remportés la protection et la planification du
patrimoine à Victoria, Steve regarde avec un oeil
d’envie ce qui se passe aux États-Unis, où des
mesures de dégrèvement fiscal pour la réhabilitation
des biens patrimoniaux existe depuis 1976.
Un roi du cuivre et de l’étain
Cameron Forbes est vice-président de Heather
& Little, une firme torontoise spécialisée dans la
fabrication de feuilles de métal. Au royaume de
la tôlerie patrimoniale – notamment en cuivre –
Heather & Little est roi.
Les oeuvres de la compagnie couronnent certains
des plus prestigieux édifices patrimoniaux du
Canada : les toitures en cuivre de l’édifice
du Centre sur la Colline parlementaire, de la
Bibliothèque du Parlement, de la Cour suprême
du Canada et du Château Laurier à Ottawa,
l’Hôtel de Ville de Toronto et l’édifice de
l’Assemblée législative de Winnipeg. On peut
également mentionner d’autres projets de haut
niveau comme l’Hôtel de Ville de San Francisco,
le Memorial Hall de l’Université Harvard et la
Bibliothèque du congrès américain à Washington.
C’est Heather & Little qui a donné à Cameron sa
première chance en l’engageant comme apprenti.
À force de travail, d’habileté et de détermination,
il a pu se tailler une place au sommet de la
compagnie et ainsi l’amener à concentrer ses
activités sur la restauration patrimoniale.
Pourtant Cameron a bien failli ne pas aller dans
cette voie. Après des études secondaires, il fait
mille et un boulots sans jamais trouver un travail
qui l’intéresse vraiment. Il s’inscrit finalement au
George Brown College pour y apprendre le travail
de tôlier. C’est lors d’un stage de travail à l’Exposition
nationale canadienne à Toronto qu’il est
appelé à restaurer des toitures, des lanterneaux,
des corniches et des soffites pour des édifices
historiques et aussi à réparer des alliages d’étain
et d’acier galvanisé. Pour la première fois, il est
complètement absorbé et fasciné par les éléments
historiques qui sont à sa portée. La tôlerie patrimoniale
devient bientôt sa passion.
Ce qui plaît le plus à Cameron dans ce métier
c’est le défi intellectuel que chaque projet apporte.
Ainsi, pour les édifices du Parlement, l’équipe de
Cameron a mis au point un système d’assemblage
par pliage pour les feuilles de cuivre de gros calibre.
Les anciens joints brasés avaient gauchis et
cédés avec la fluctuation des températures.
« Quand on termine un projet comme les lucarnes
de l’édifice de l’Assemblée législative de Fredericton
au Nouveau-Brunswick ou les édifices du
Parlement à Ottawa, on sait que ce sera encore là
dans 100 ans » assure-t-il. Il n’y a pas plus belle
satisfaction.
Encourager les bénévoles au
Canada
En 1983 une tempête s’abat sur les côtes du
Cap-Breton près d’Ingonish. Pendant la nuit, les
vagues viennent frapper le vieux phare et l’emportent.
Heureusement aucune vie n’est prise. Le
phare n’était plus en service actif, mais personne,
apparemment, ne connaît son histoire. La perte
du phare attire l’attention de Barry MacDonald
qui vit à Dartmouth, mais qui est originaire du
Cap-Breton.
Aujourd’hui il est bénévole auprès de la Nova
Scotia Lighthouse Preservation Society. L’une des
campagnes les plus importantes que la société
a livrées concerne l’adoption de la Loi visant à
protéger les phares patrimoniaux. Le Canada
compte toujours 600 phares. Cinquante de ces
phares ont encore un gardien à demeure. Le
ministère des Pêches et des Océans n’a plus les
fonds nécessaires pour entretenir les phares.
Plusieurs tombent en ruine. D’autres ont été
démolis, incendiés ou vandalisés.
La nouvelle législation permettra à des groupes
communautaires sans but lucratif d’assumer la
responsabilité et l’entretien des phares. Des groupes
en Nouvelle-Écosse, au Québec et ailleurs au
pays le font déjà. Des phares ont été convertis
en musée historique, café, auberge et centre
d’interprétation pour les touristes. Le Québec fait
la promotion de la Route des phares à l’intention
des touristes et des associations à but non lucratif
s’occupent de 20 des 43 phares que compte la
province.
Le type de législation que Barry et d’autres
voudraient voir adopté, viserait à protéger les
phares, à l’image de ce qui existe pour les gares
ferroviaires historiques.
Cependant la campagne se bute à des problèmes
malgré les solides appuis que lui ont apportés
la sénatrice Pat Carney et la fondation Héritage
Canada. Le projet de loi a été maintes fois renvoyé
au Sénat ou à la Chambre des communes en
raison d’élections ou d’autres délais de procédure.
Aujourd’hui le projet de loi S-215 est à l’étude à
la Chambre et Barry rallie encore ses troupes à la
défense du projet.
Barry fait remarquer les divers matériaux entrant
dans la construction des phares – les structures
de fer de Terre-Neuve, celle en pierre et en granit
comme à Sambro dans le port d’Halifax ou celle
en pierre calcaire des phares impériaux de la baie
Georgienne. Aucune autre image de notre patrimoine
bâti n’évoque avec autant de force l’idée
de la solitude, de la nostalgie romantique et du
passé.
« Nous ne le faisons pas seulement pour nous,
nous le faisons aussi pour nos enfants et nos
petits-enfants » dit Barry. « Le patrimoine que
constituent les phares nous relie à ce qui était là
avant nous. Les phares sont magiques et nous
voulons voir la magie se perpétuer. »
Martha Plaine est une rédactrice établie à
Ottawa et s’intéresse à l’architecture, aux
voyages, au tourisme et aux arts.
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