La Banque des fermiers de Rustico
Rustico (Île-du-Prince-Édouard)
À Rustico sur l'Île-du-Prince-Édouard, dans les années précédant la Confédération, la bataille pour la survie était une affaire de tous les jours. La vie y était si difficile que des agriculteurs perdaient leur terre faute de quelques dollars pour payer leurs dettes.
Mais en 1859, une force de la nature vient balayer Rustico en la personne de Georges-Antoine Belcourt, le nouveau curé de la paroisse. Belcourt est un homme dynamique et talentueux – linguiste, inventeur, menuisier et mécanicien.
Il saisit rapidement la situation à Rustico : les Acadiens ont besoin d'une école secondaire, d'un institut pour l'éducation des adultes et d'une bibliothèque. Mais avant tout, ils avaient besoin de leur propre banque. Le père Belcourt le leur procurera, et plus encore.
Il crée l'Institut catholique pour les adultes et une nouvelle bibliothèque.
En ce qui a trait à la banque, l'histoire veut que chaque dimanche, du haut de sa chaire, le père Belcourt exhortait ses paroissiens d'apporter des pierres de construction en venant à la messe.
Belcourt a dessiné les plans de l'édifice. Les dimensions sont imposantes — 10 mètres en profondeur par 15 mètres de largeur, un bâtiment de deux niveaux avec des murs de 35,5 centimètres d'épaisseur et des poutres taillées à la main de 30 centimètres carrés – le tout assemblé sans un seul clou. La banque et la bibliothèque sont au rez-de-chaussée alors qu'à l'étage se trouve une grande salle paroissiale.
La banque a été bâtie avec des pierres en grès rouge de l'île venant des carrières de Hope River et de Rustico. Des experts qui ont examiné les pierres disent qu'il y a en tout 17 types de taille. Ceci vient étayer la théorie voulant que plusieurs personnes aient participé à la taille des pierres.
La banque ouvre ses portes en 1864 avec un capital d'environ 1000 $. En peu de temps, les devises de la banque (des billets de papier avec l'image des agriculteurs) sont acceptées comme monnaie légale d'un bout à l'autre de l'Île. La banque est rentable et paye des dividendes de 12 %, et accorde de petits prêts à faible intérêt aux agriculteurs, qui ont aidé nombre d'entre eux à garder leur terre.
Édouard Blanchard, un vaillant octogénaire, se rappelle son enfance à Rustico. Il allait emprunter des livres à la bibliothèque et il assistait aux réunions et aux concerts dans la salle paroissiale. Aujourd'hui, il fait partie du groupe Amis de la Banque des fermiers qui a contribué à restaurer la banque et à en faire un musée.
« Le maçon en chef nous a affirmé que la banque est plus solide que jamais, dit-il. Elle va durer 300 ans, c'est garanti. » C'est un legs dont tout Rustico est fier.
Pour plus d'information, consultez les sites suivants :
http://www.pc.gc.ca/apps/lhn-nhs/det_F.asp?oqSID=0593&oqeName=Farmers%27%27+Bank+of+Rustico&oqfName=Banque+
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